Philippe Zislin - peintre/plasticien...

Photo de L'Eau Râ - performance à deux au Chêne en compagnie de Jacky
Photo de L'Eau Râ - performance à deux au Chêne en compagnie de Jacky

 

Mes peintures tentent de capter les mouvements de l’humeur et transpirent de ce que j'ai pu digérer émotivement. Elles sont une introspection ouverte à tous les possibles, jusqu'à l'extrême, corps qui gardent la mémoire de la vie avec ses cicatrices indélébiles, avant l'investigation des autres regards. Le temps de la fabrication est celui de la transe, trace écrite d'un moment exalté. Le thème récurrent: l’être en partant du corps dans ses paradoxes, ses contradictions et ses multiples expériences.

 

Un mouvement:

 

Dans mes tableaux peints où la multiplicité des tracés est une référence, ce mouvement est maintenu dans ce cadre physique des toiles. Alors que, mes sculptures mécaniques, mes installations et mes performances demeurent dans des espaces réduits amenant l'idée de claustrophobie.

 

Un monde de mouvements réguliers enfermés dans un espace déterminé, un sujet cloîtré face à ce monde. Deux choix se présente: soit le sujet broyé par ce mouvement, soit il est mouvement lui-même.

 

Une notion de temps:

 

un rythme séquentiel. Une séquence préétablie et ordonnée

 

L'arrêt du temps dans un tableau fige une multitude d'émotions: sa fabrication est intemporelle.

 

Les sculptures animées et leurs boucles, mécaniques, donnent un simulacre de vie, inexorablement répétitive: c'est une fabrication méthodique.

 

Dans les peintures: les représentations humaines de décomposent, se reconstituent, se déforment à l'image de notre époque.

 

La déconstruction d'un vieux monde ou sa mutation, n'atteint-il pas le plus profond de l'individu forcé de s’aménager un recul critique face aux niveaux d'importances et aux vitesses des évènements qui l'entoure. Happé dans son mouvement, l'individu se fond dans le virtuel: une apnée individualiste avant de reprendre une inspiration parmi le collectif.

 

Peut-on encore refuser d'être submergés d'informations, aussi importantes qu'elles soient?

 

Avons-nous la capacité de recul critique face à cet océan d'informations?

 

Avons-nous le temps de réfléchir à chacune des infos reçues/perçues?

 

Prendre le temps. Un peu comme un silence musical...rien ne se passe mais sa présence est ressentie intensément, inscrite, existante.

 

Dans ce mouvement, la respiration est nécessaire, renforce l'apnée qui suit.

Pour l'exposition des Effervescences (*), j'ai présenté une installation un espace de travail, mon atelier, un lieu clos, une image arrêtée, une pièce. Une plongée dans un cocon habité de pigments, de traces abstraites, d’éclaboussures générant des empreintes. Des toiles peintes et non peintes en châssis et en rouleau, des toiles simplement posées, sans volonté aucune de les mettre en valeur, retournées, demanderont d'être manipulées une à une, pour se révéler à l'œil du visiteur. L'univers sonore qui sort d'un casque, permet d'être présent.

 

Filzed

(*) voir sur le site de Fabien Thibault

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