FILZED

 Je me demande encore pourquoi j'ai résisté longtemps à utiliser ce mot « artiste » pour me définir. Car quand on se dit peintre, on pense tout de suite au bâtiment. Mais quand on fait des toiles, on se doit d'utiliser ce terme, “Artiste”, avec un “A”, c'est un honneur décerné par la société. Ce mot, un simple mot que je ne comprenais pas jusqu'à présent, tellement, il est usé et rapiécé par nombre de parvenus de l'art, publicitaire et autres machins, qu'il ne voulait pas dire grand chose à mes yeux. C'est en changeant mon angle de vision, que je pense l’avoir compris. Dans un sens où je m'y placerait aujourd’hui volontiers. Ce n’est seulement après avoir enfin affirmé que je ne faisais pas ça pour les autres, mais juste pour moi. Je peins, je sculpte, trifouille pour ma gueule et qui veut se l'accaparer pour se laisser aller à ressentir, est le bienvenu.

 

Le reste n'est que masturbation de matière molle.

 

J'ai décidé de me réapproprié ce mot.

 

 

Je suis né en 1967, dans le Var, mes étaient parents sculpteurs sur pierre. Ils m'ont transmis une technique que j'ai développé en autodidacte avant d'entamer un cursus artistique institutionnel. J’intègre les Beaux-Arts de Toulon où j'évolue en tant que sculpteur en opposition aux années 80, dominées par le graphisme. J'en partirai, avec beaucoup de doutes sans trouver ma place. Ce n'est que trois ans plus tard, après ma sortie des Beaux-Arts, que je redécouvre la peinture. C'est en changeant d'outils que je vais me révéler, ceux-ci se rapprochent plus du ciseau de sculpture que d'un pinceau. Mon début en tant qu'artiste peintre se situe pendant l'année 1989. Happé dans cette matière, l'huile, l'acrylique ou les mélanges sont posés sur des supports industriels ou d'autres matériaux de récupération comme par exemple les draps anciens, les toiles détramées. Ils sont apprêtés pour devenir support.

 

  Mes peintures tentent de capter mes états, c'est une lente digestion émotionnelle et cicatricielle. Les thèmes sont récurrents: le corps dans ses paradoxes et ses multiples expériences. Les représentations se décomposent, se reconstituent, se diffusent à l'image de notre époque. La multiplicité des tracés est une référence au mouvement, celui-ci est maintenu dans le cadre physique des toiles. Un monde en mutation enfermé dans un espace déterminé, un sujet cloîtré face à lui-même. Soit il est broyé par ce mouvement, soit il est mouvement lui-même. Dans un tableau, le temps fixé, laisse entrevoir une multitude d'émotions intemporelles, sorte d'apnée habitée de pigments, de traces abstraites, d’éclaboussures engendrant des empreintes.

 

  Sur une toile, j'aime creuser, badigeonner, effacer, tracer, écrire, éclabousser, racler, recommencer. Pour aller enfin à l’essentiel qui m'anime, avoir un support qui me parle.

 

  Le résultat: une peinture palimpseste expressionniste.

 

  En parallèle, plusieurs rencontres m'ont permises de trouver du lien entre ma peinture et les arts vivants (musique, théâtre, danse contemporaine et clown). A l'aide de scénographies, mes toiles sont mises en valeur dans un environnement sonore ou vidéo qui initient des performances.

 

  Les lieux artistiques: j'ai longtemps travaillé dans mon atelier situé à Embrun, tout en profitant des résidences comme au LAP à Gap, à la Friche Belle de Mai à Marseille, au Chêne à Villejuif ou à l'Atelier 84 à Apt.

  Aujourd'hui, je poursuis mon art en itinérance.

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Commentaires: 1
  • #1

    Valérie (lundi, 30 mai 2016)

    Bonsoir Philippe,
    je viens de regarder ton travail qu'il faudrait voir en vrai...
    Dis moi si tu as une expo en cours
    ou si ton atelier n'est pas trop loin...
    Bises de la pépinière "tous dehors" à Gap samedi soir
    Valérie
    valeriebourretserres@gmail.com

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